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ÊTRE PARENT DANS LA VIE SCOLAIRE DE SON ENFANT
Isabelle Brassard est enseignante de formation. Détentrice d'un baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire, elle oeuvre dans ce domaine depuis 1995. Elle s'est récemment perfectionnée en musique et travaille aujourd'hui comme spécialiste dans les écoles de la Commission scolaire Sir-Wilfrid-Laurier. Mère à plein temps de deux jeunes garçons, elle est également tutrice à domicile; elle donne des cours d’appoint et de perfectionnement.
ÊTRE PARENT DANS LA VIE SCOLAIRE DE SON ENFANT

Difficulté à quitter maman

Publié le Lundi 12 juillet 2010

Bonjour,

J’ai vraiment besoin de conseils. J’ai un garçon de 6 ans qui vient de
terminer sa maternelle. Mon garçon a toujours été proche de moi, aussi loin
que je me souvienne il a presque toujours pleuré quand je le fais garder le
soir. Il ne veut pas que je m’en aille. Je n’ai jamais cédé à ces pleurs,
c’est-à-dire que j’ai toujours quitté quand même. Pour vous faire connaître
un peu plus mon garçon, lorsqu’il était à la garderie, il me faisait souvent
des crises le matin, il a changé de milieu de garderie a 3 ½ ans, mais
était avec une des 2 éducatrices de sa première garderie et tout allait
bien.

Son entrée à la maternelle s’est très bien passé, il était content d’y
aller, son enseignante me disait que ça allait très bien, il y avait parfois
des notes sur son comportement ( n’écoute pas les consignes, refuse de faire
des activités…), je ne suis pas surpris, car mon garçon n’a pas un
comportement très facile, je suis quand même réaliste, quand il n’a pas ce
qu’il veut, on doit négocier, j’ai l’impression que je tiens bien mon bout
et que lorsque je dis non, c’est non est ça reste non…
. 2 semaines avant la fin des classes, il s’est mis à pleurer le matin
lorsque j’allais le reconduire à l’école. Il avait beaucoup de peine quand
il vient le temps de se séparer, mais ensuite, il passe une journée et tout
va bien J’ai essayé de voir s’il n’était pas arrivé quelque que chose, mais
il me dit que non. Il me dit aussi qu’il a juste de la peine quand je m’en
vais et ensuite il est correct ??? Je lui ai donné des trucs (va tout de
suite jouer avec les amis, ne regarde pas maman partir) et il avait les yeux
dans l’eau, mais il ne pleurait pas. Cette semaine, il est inscrit à un camp
d’anglais, il était très inquiet, mais il était avec un ami de la famille.
Les 2 premiers jours, ça s’est bien passé, mais ensuite il a commencé Ã
dire qu’il ne voulait plus y aller parce que c’est plat, etc… Les
monitrices me disent qu’il passe de belles journées et en fin de journée quand
je vais le chercher il ne veut pas s’en venir tout de suite, il veut jouer
encore un peu. Quand je reviens sur la situation du matin avec lui, il me
dit qu’il ne s’est pas pourquoi il fait ça le matin. Ce matin s’était pire
que pire, ça crise à durer 45 minutes. Il se sauvait à la course dans
l’auto, il pleurait, il tremblait, il semblait vraiment désemparé… J’ai
essayé la douceur, je me suis fâché, après 45 minutes il a fini par
entendre raison, il ne pleurait plus quand je suis parti, il était seul
dans le local avec sa monitrice qui lui a dit qu’il serait son aide
moniteur pour la journée. Je crois que c’est ça qui l’a convaincu…. Je ne
comprends vraiment pas pourquoi il fait ça, c’est un garçon très, très actif
qui a toujours besoin que ça bouge, à la maison il veut toujours avoir des
amis sinon on doit jouer avec lui???

Avez-vous des conseils à me donner ? J’aimerais vraiment comprendre se qu’il
se passe dans ça petite tête de 6 ans, pourquoi agit-il ainsi? Est-ce que je
la traumatise, est que je ne suis pas assez ferme avec lui?

 

Maman Mélanie

 

Bonjour à vous,

Tout au long de ma carrière d’enseignante, j’ai eu l’occasion de vivre des événements semblables et même en tant que maman! Pour expliquer ce phénomène, une ou plusieurs raisons pourraient en être la cause.
Tout d’abord, nos enfants sont de nature très centrés sur eux-mêmes. Le monde gravite autour d’eux et ils en sont le centre. Ils viennent de regarder quelque chose à la télévision et sont persuadés que vous l’avez vu tout comme eux, même si vous étiez à l’autre bout de la maison! Toutefois, un jour ou l’autre, ils se rendent compte que nous, mamans, avons une vie indépendante de la leur et cette révélation les surprend et les inquiète parfois. Ils voient maman quitter la garderie en voiture et se retrouvent dans des lieux moins familiers. Une inquiétude normale et saine de voir sa mère partir peut provoquer quelques pleurs. Cette tristesse momentanée est vite passée grâce à des éducateurs attentifs, un milieu sécurisant et au fil du temps, ces inquiétudes diminuent.

Parfois, on peut remarquer chez certains enfants une recrudescence de ces comportements d’angoisse et d’inquiétude causés par un événement les ayant déstabilisés au niveau émotionnel. Il peut s’agir d’événements comme une séparation, la mort d’un parent proche, d’un animal de compagnie ou encore la naissance d’un frère ou d’une soeur. De plus, on ne soupçonne pas que certains événements moins difficiles émotivement pour un adulte peuvent l’être pour nos petits comme un changement dans la chambre à coucher, une routine du dodo chamboulée, ou le toutou préféré égaré. Je me rappelle que mon fils de deux ans et demi à l’époque avait recommencé à mouiller son lit la nuit quand nous l’avions changé de chambre. Cela a pris plusieurs semaines avant que tout redevienne à la normale.

Nos enfants nous connaissent parfois mieux que nous-mêmes. Ils savent exactement quoi dire ou quoi faire pour venir chercher au plus profond de notre être autant de rires que de larmes. Pour obtenir une réaction de notre part, ils sont prêts, consciemment ou non, à dire ou à faire certaines choses, comme de nous ignorer quand vient le temps de se laver les mains avant de manger ou de pleurnicher quand vient le temps de partir. Cette forme de manipulation pour arriver à leur fin ne peut se gérer qu’en étant calme, ferme et conséquent. Dire une fois clairement la consigne telle que « Alexis, mets tes souliers s’il te plaît, on s’en va.», devrait être suffisant. Une conséquence s’appliquerait au besoin et nos enfants iraient chercher leur besoin d’attention autrement. Ce sujet mériterait d’ailleurs qu’on y consacre une chronique complète tellement il nous préoccupe dans notre rôle de « bon parent ».

Il ne faut pas négliger non plus les inquiétudes que nous pourrions transmettre à nos enfants qui y sont très sensibles. Pour cela, il faut apprendre à avoir confiance à celles et ceux qui prennent soin de nos enfants quand nous n’y sommes pas. La meilleure façon selon moi d’être en confiance lorsque vient le temps d’accompagner nos enfants à l’école, à la garderie ou même encore lorsque nous faisons garder nos enfants à la maison, c’est de montrer par des gestes et des paroles combien les gens qui s’occupent de nos trésors sont aussi importants pour nous que pour nos enfants. En étant conscient de la valeur qu’a une personne à notre égard fait en sorte que nous réalisons encore davantage l’importance de notre rôle.

Je souhaite que ces pistes de réflexion vous aient permis d’y voir un peu plus clair! On a parfois tendance à se culpabiliser ou à trop s’inquiéter quand la réponse se trouve juste à côté.

Au plaisir d’avoir le privilège de vous lire à nouveau!

Isabelle Brassard

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