
Bonjour,
Il y a plusieurs années, alors que mon garçon avait entre 2 et 4 ans, deux garçons plus âgés (je crois qu'ils avaient 5 et 6 ans) jouaient avec lui, dehors. J'étais moi-même dehors. Dès que j'ai perdu mon garçon de vue, je l'ai cherché et j'ai surpris mon garçon les culottes baissées, couché par terre, les deux plus vieux faisant je ne sais quoi, je crois qu'ils jouaient avec ses parties génitales. Je me souviens que j'ai renvoyé les deux garçons et mon fils est resté avec moi, il a continué de jouer.
Plus tard, entre 4 et 6 ans, des attouchements ont eu lieu avec d'autres enfants du même âge (je l'ai su, car les parents d'un des enfants est venus m'en parler). À cette époque, je ne me souviens pas si j'ai fait ou non une intervention et si oui, qu'est-ce que j'avais fait (événement qui s'est produit une seule fois).
Une autre fois, je l'ai surpris avec des amis du même âge. Il n'y avait que des attouchements, sous forme de jeux. Je leur ai dit de s'habiller et d'aller jouer dans la cuisine.
Ces deux événements ne m'ont pas vraiment inquiété, car ayant moi-même fait des jeux de ce type étant jeune, je me suis dit qu'il s'agissait de jeux exploratoires, de découverte. En 2005, cela s'est reproduit avec son cousin (de 4 ans son cadet). Compte tenu de la différence d'âge, il y a eu une très grosse discussion entre mon fils et moi (éducation, situation, événement, etc.).
J'ai aussi téléphoné à mon CLSC. Ils me proposaient alors de l'aide aux parents. Il n'y avait aucun suivi pour les enfants de moins de 12 ans. J'ai aussi téléphoné à S.E.M. qui eux, semblaient croire qu'il n'y avait pas matière à s'inquiéter. J'ai aussi amené mon fils consulter une psychologue en privé; l'accent n'a pas été mis principalement là-dessus, car la première raison de la consultation était d'un autre ordre.
Lorsque j'ai téléphoné à ces deux endroits, j'ai aussi fait un topo de la situation familiale de part et d'autre et des tempéraments des deux enfants. Comme je leur mentionné, je ne doute pas que l'initiative venait de mon fils. Toutefois, connaissant mon neveu (menteur et manipulateur) et mon fils (incapable de dire non, naïf et ayant une faible estime de lui-même), je savais qu'il était possible que, les fois suivantes, l'invitation vienne du plus jeune.
Avant de poursuivre, je veux spécifier que les rencontres entre les deux cousins sont peu fréquentes (ils se voient lorsqu'il y a des fêtes et occasionnellement pour jouer, environ une ou deux fois par mois).
En 2006, cela s'est reproduit. J'ai contacté son pédiatre, rencontré une intervenante à SEM. Cette fois encore, ils m'ont dit de faire de l'éducation et de la surveillance, ce qui a été fait!
J'ai remarqué que le jeu qui les menait aux jeux sexuels était « vérité conséquence ». Pour ce qui est des gestes posés, il y a les attouchements, la masturbation et j'ai même cru comprendre qu'il y avait aussi la fellation. De plus, je sais aussi que l'idée vient parfois de mon fils, parfois de mon neveu et parfois des deux.
J'étais très vigilante, mais à un moment, j'ai baissé ma garde et à la fin 2007, l'événement s'est produit à nouveau. Mon fils a maintenant presque 13 ans et mon neveu, 9 ans.
Immédiatement, j'ai contacté le pédiatre qui m'a demandé de téléphoner au CLSC. Eux m'ont référé à SEM. Toutefois, la dame m'a dit qu'il n'était pas nécessaire qu'il ait une thérapie, car ses pulsions sont normales. Mais, ce qui n'est pas normal est que ce soit fait avec des enfants plus jeunes. J'ai dit cela à mon fils en changeant le « plus jeunes » par « d'autres personnes » et en ajoutant qu'il pourra faire ces choses lorsqu'il sera adulte, avec sa blonde. L'intervenante m'a dit de faire une surveillance accrue, au moins jusqu'à ce que mon fils commence à avoir des blondes. Ce sera fait!
J'ai aussi eu une discussion avec mon fils sur l'éducation sexuelle (quand il a des pulsions, il doit aller dans sa chambre, seul, se satisfaire), sur les conséquences dans le cas où il y aurait une plainte et sur les actions que je vais poser.
Il m'affirme que cela n'arrive pas avec d'autres. Je veux bien le croire, car il n'est pas menteur, mais je ne sais pas quoi penser. Est-ce que je dois l'empêcher d'aller garder des enfants, s'il y a lieu?
L'intervenante me demandait s'il avait été abusé étant jeune et je lui ai dit que je n'avais pas eu connaissance de rien, sauf pour l'événement qu'il a vécu entre l'âge de 2 et 4 ans. Mon fils veut que ça cesse. Chaque fois où c'est arrivé (à ma connaissance entre quatre et cinq fois depuis 2005), il me disait tout le temps : « Je ne veux pas, je me sens obligé, c'est plus fort que moi! ».
Il se sent très coupable, se croit anormal, veut vivre une vie normale et il a même déjà fait allusion au suicide (ce qui me fait très peur, car son père, qu'il n'a pas vraiment connu, s'est suicidé en 2000).
Je veux bien faire (et je fais et ferai) de la surveillance, de l'éducation et l'informer des conséquences s'il y avait un signalement de fait, mais je veux aussi qu'il vive une vie normale et qu'il puisse passer à autre chose! Que dois-je faire? Y a-t-il quelque chose à faire?
Merci de me répondre,
Une maman qui ne sait plus quoi faire ni quoi penser et qui veut aider son enfant!
P.-S. Tout ce que je désire est de savoir ce que je dois faire et qu'elle est l'aide que nous pouvons recevoir ou aller chercher.
Merci.
Bonjour A,
Je sens bien la charge qui est sur vos épaules... Ce qui retient particulièrement mon attention dans votre courriel est ce que votre fils vous dit qu'il ne veut pas ce qui se passe, qu'il se sent obligé, mais que c'est plus fort que lui! Il y a aussi ce passage : « Mon fils se sent très coupable, se croit anormal, veut vivre une vie normale et il a même déjà fait allusion au suicide (ce qui me fait très peur, car son père, qu'il n'a pas vraiment connu, s'est suicidé en 2000.) ».
Vous me demandez s'il y a quelque chose à faire. À cela, je réponds : certainement! À commencer par comprendre ce qui se passe réellement pour votre fils. Mais, comment? Je crois qu'à cette étape de sa vie, la plus grande démarche doit être faite par votre fils. Il gagnerait beaucoup à faire le ménage en consultation. D'un côté, il y a cette culpabilité face à ses comportements sexuels, sa difficulté à se positionner, à se comprendre et probablement l'ambiguïté qu'il a face à son orientation sexuelle, du fait que ses comportements se font avec son cousin. Et de l'autre, il y a le suicide de son père et son discours suicidaire.
Le fait que votre fils mentionne que « c'est plus fort que lui » est inquiétant et ne doit pas être sous-estimé. Il devrait entreprendre des démarches thérapeutiques afin de se libérer. Pour cela, il doit en ressentir le besoin et vouloir s'investir. Vous pouvez l'aider dans sa démarche en lui nommant son importance et en facilitant le déroulement de cette démarche, mais ne la portez pas à sa place... Elle lui appartient!
À trop porter nos enfants, nous les affaiblissons et leur estime de soi en est diminuée puisqu'ils ne peuvent avoir la fierté de dire « J'ai réussi à m'en sortir! Je ne savais pas qu'il y avait ces forces en moi! ».
Bonne démarche,
Sophia Lessard
Sexologue, Maître en PNL, Hypnothérapeute

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